Hacker, Hoaxer, Whistleblower, Spy: The Many Faces of Anonymous

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Hacker, Hoaxer, Whistleblower, Spy: The Many Faces of Anonymous by Gabriella Coleman — review by Jamie Bartlett

The story of Anonymous begins with members of 4chan getting dragged into an online fight with Scientologists, who had been trying to prevent people from sharing a bizarre video of its most famous adherent, Tom Cruise, online. The 4channers were emboldened by success and shifted to politics, attacking the PayPal website for refusing to accept donations for the whistleblowing website WikiLeaks. The book really comes alive in early 2011, when these activists (“anons”), having adopted their name, turned their gaze to Tunisia, alerting an initially indifferent media to the revolution and exposing the corrupt Tunisian government, before lending support to the worldwide Occupy movement. […] the group’s activity subsequently fracture into more militant and random attacks against businesses and governments, and as the FBI and other police forces start to prosecute several of its main protagonists.

Anonymous’s announcement declaring war on Scientology is “poetic and inspirational”; its members are “contemporary trickster figures” who wear a mask that “functions as a eternal beacon, broadcasting the value of equality”.

[…] Anonymous have done much that is admirable, and […] the group is far more complex than the press caricature of basement-dwelling criminals. They tend to fight for things most of us support: privacy online, freedom of expression, government transparency. But too little attention is given to the way they trample over others to get there. One of their early targets was Hal Turner, a neo-Nazi. Repellent – but is it okay for a vigilante mob to relentlessly attack him? Members of the radical, ballsy offshoot of Anonymous, Lulzsec, hacked media outlets because they didn’t like a TV show; went after the NHS; hacked a Skype call between the FBI, Metropolitan police and the Garda; leaked the email messages, names, phone numbers, home addresses and passwords belonging to Arizona police officers; defaced the website of the centre-right Irish political party Fine Gael; and uploaded thousands of email addresses of innocent people. […] Lulzsec “demonstrated the importance of art, expression, autonomy, and creation through unalienated labour”. She (Coleman) includes a thoughtful and much-needed discussion of Distributed Denial of Service (DDoS ) – a way to bring down a website – as a form of legitimate political protest, but she thinks it is hypocritical for the British spy agency GCHQ to use a DDoS, while arresting Anonymous activists who do the same. “The law”, she writes, “is not equally applied.” But then governments often do things that citizens cannot.

[…] Anonymous are neither criminals nor bored teenagers, but are driven on the whole by political motivations which are for the most part thoughtful, considered and courageous. She (Coleman) reveals the group to be far more interesting and morally nuanced than is often believed, using digital tools and tactics to tilt rights and freedoms away from companies and governments and towards people.

For much of 2014, Anonymous seemed to have gone quiet. But, as Coleman’s book demonstrates, it is a reactive, unpredictable and dynamic movement. Last week, it surged back into action: after the Ku Klux Klan threatened to use lethal force in Ferguson, Missouri following riots there, Anonymous declared cyber war on the group. They hacked the KKK’s Twitter account and attacked servers that hosted its sites; they even started to release the personal details of KKK members. As usual, it was part joke, part principled; part justified, part irresponsible. A movement for our times.

Jamie Bartlett is the author of The Dark Net, published by William Heinemann.

Jamie Bartlett, theguardian.com, November 19, 2014

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AnonymousHacker, Hoaxer, Whistleblower, Spy: The Many Faces of Anonymous

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+++++ Branching out +++++

• ‘How Anonymous hackers changed the world’, a documentary film about Anonymous: 

• Mr Robot

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Mr Robot is an American drama–thriller television series created by Sam Esmail that tells the story about an organization called F Society that bears resemblances with Anonymous. The show stars Rami Malek as Elliot Alderson, a cybersecurity engineer and hacker who suffers from social anxiety disorder and clinical depression. Alderson is recruited by an insurrectionary anarchist known as “Mr. Robot”, played by Christian Slater, to join a group of hacktivists. The group aims to erase all debts by attacking the megacorporation, E Corp.

• Watch the teaser here:

• Here’s an iconic scene of Mr Robot, showing Eliot at a seance with his therapist, cursing about society:

Hackers, Lanceurs de Canulars et d’Alertes, Espions : Les nombreux visages des Anonymous par Gabriella Coleman – critique par Jamie Bartlett

L’histoire d’Anonymous commence avec des membres de 4chan entraînés dans une lutte en ligne contre les scientologues qui avaient essayé d’empêcher les gens de partager une vidéo bizarre de son adhérent le plus célèbre, Tom Cruise, en ligne. Les 4channers, enhardis par leur succès, se sont tournés vers la politique, attaquant le site PayPal à cause de leur refus d’accepter des dons en faveur du site dénonciateur WikiLeaks. Le livre nous emmène début 2011, lorsque ces militants («anons»), ayant adopté leur nom, ont tourné leur regard vers la Tunisie, alertant les médias initialement indifférents à la révolution et en exposant la corruption du gouvernement tunisien avant de prêter appui au mouvement international Occupy. […] l’activité du groupe se fractionne ensuite en des actions aléatoires plus militantes contre les entreprises et les gouvernements, en même temps que le FBI et d’autres forces de police commencent à poursuivre plusieurs de ses principaux protagonistes.

L’annonce de Anonymous déclarant la guerre à la Scientologie est “poétique et inspirée”; Ses membres sont des «personnages contemporains du truquage» qui portent un masque qui «fonctionne comme une balise éternelle, diffusant la valeur de l’égalité».

[…] Anonymous a accompli beaucoup de choses admirables, et […] le groupe est beaucoup plus complexe que leur caricature dans la presse de criminels qui vivent en sous-sol. Ils ont tendance à se battre pour des choses que la plupart d’entre nous soutiennent : la vie privée sur internet, la liberté d’expression, la transparence gouvernementale. Mais trop peu d’attention est donnée à la façon dont ils piétinent les autres pour y arriver. L’une de leurs premières cibles était Hal Turner, un néonazi. Repoussant — mais est-il acceptable pour une foule de vigilanti de l’attaquer sans relâche ? Les membres de la branche radicale et culottée d’Anonymous, Lulzsec, ont piraté des médias parce qu’ils n’aimaient pas une émission de télévision ; ils sont allée après la NHS ; ont piraté un appel Skype entre le FBI, la police métropolitaine et la Garda ; ont divulgué les messages, les noms, les numéros de téléphone, les adresses de résidence et les mots de passe d’agents de police de l’Arizona ; ont détruit le site web du parti politique irlandais de centre-droit Fine Gael ; ont dévoilés des milliers d’adresses électroniques de personnes innocentes. […] Lulzsec «a démontré l’importance de l’art, de l’expression, de l’autonomie et de la création à travers un travail non salarié». Elle (Coleman) inclut une discussion réfléchie et très nécessaire sur le Déni de Distribution des Services (DDoS) — un moyen de faire tomber un site web — comme une forme de protestation politique légitime, mais elle pense qu’il est hypocrite pour l’agence d’espionnage britannique GCHQ d’utiliser un DDoS, tout en arrêtant des activistes anonymes qui font de même. “La loi”, écrit-elle, “n’est pas appliquée de la même manière.” Or il arrive souvent aux gouvernements de faire des choses que les citoyens ne peuvent pas faire.

[…] Les anonymous ne sont ni des criminels ni des adolescents désœuvrés, au contraire ils ont dans l’ensemble des motivations politiques qui sont pour la plupart réfléchies, considérées et courageuses. Elle (Coleman) révèle que le groupe est beaucoup plus moralement nuancé et intéressant qu’on ne le croit souvent, et utilisent les outils et tactiques numériques pour faire pencher les droits et les libertés en faveur des gens, loin des entreprises et des gouvernements.

Pendant une bonne partie de 2014, Anonymous semblait s’être calmés. Mais, comme le montre le livre de Coleman, c’est un mouvement réactif, imprévisible et dynamique. La semaine dernière, il a repris du service : après que le Ku Klux Klan ait menacé de recourir aux meurtres à Ferguson, au Missouri suite aux émeutes là-bas, Anonymous a déclaré la cyberguerre au groupe. Ils ont piraté le compte Twitter du KKK et ont attaqué des serveurs qui hébergeaient leurs sites ; ils ont même commencé à divulguer les données personnelles des membres du KKK. Comme d’habitude, c’était une plaisanterie partielle ; en partie justifiée, en partie irresponsable. Un mouvement pour notre époque.

Jamie Bartlett est l’auteur de The Dark Net, publié par William Heinemann.

Jamie Bartlett, theguardian.com, le 19 novembre 2014

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